Une fragrance noble ancestrale
Aux notes intenses, sombres, cuirées, boisées, fleuries, animales et sensuelles, le Oud, très prisé du monde de la parfumerie, provient de bois odorants, à l’origine des forêts tropicales du sud-est asiatique : Thailande, Laos, Birmanie, Vietnam et Inde. Appelé également bois d’Agar ou d’Aloès, il existe de nombreuses espèces d’arbres de la même famille, regroupés sous le nom scientifique des Aquilarias, présents dans toutes les zones tropicales du monde. Depuis des millénaires, la fumée de Oud est utilisé pour ses vertus méditatives, dans de nombreuses cultures asiatiques. Le Oud est également mentionné dans les plus anciens textes écrits, les Védas sanskrits et apparaît dans la Bible, la Torah et les écritures bouddhistes et islamiques. Initialement réservé aux oligarques, ce parfum envoûtant était jadis destiné aux empereurs chinois, sultans malais et arabes. On pense que le Oud est arrivé au Moyen-Orient par les commerçants chinois suivant la route de la soie.
J’ai eu la chance de rencontrer Alan Mahaffey, niçois d’adoption, expert et négociant en bois de Oud. Alan voyage à travers le monde à la recherche de Oud de haute qualité pour des clients particuliers fortunés. L’histoire d’Alan débute comme un véritable conte oriental. Alan découvre le Oud dès l’âge de 14 ans, alors que ses parents sont employés par le roi Fahd bin Abdulaziz d’Arabie saoudite. En guise de cadeau, le roi donne du bois de Oud à son père. Alan le garde précieusement et commence, petit à petit, à le consumer. C’est ainsi qu’Alan se passionne pour le bois de Oud.
Le bois des Dieux
Le processus de formation du bois de Oud est singulier. Pour les scientifiques il s’agit d’une résine naturelle, résultant d’un mécanisme de défense. Sous forme de moisissure, comparable à des champignons microscopiques, un bois noir se forme au cœur de l’arbre endommagé. Semblable à des larmes, cette nouvelle résine, dégage l’arôme olfactif tant recherché. Espèces menacés, les Aquilarias sont désormais protégés dans de nombreux pays. Il est fréquent que les troncs et les branches principales des arbres soient utilisés pour produire leur résine en utilisant des injections chimiques, et il y a une grande diversité de parfums synthétiques de Oud sur le marché. La récolte sauvage étant interdite en Thaïlande et dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est, on assiste à un boom des plantations de bois de Oud cultivé.
Apaisant les maux de l’âme, le parfum cuiré dégagé par le bois de Oud possèderait également des facultés thérapeutiques. La fumée de Oud aiderait à prévenir certaines maladies cardio-vasculaires, calmerait les neuropathies et crampes abdominales, ou encore les nausées et l’asthme. Son huile est aussi réputée pour éloigner les insectes.
On peut trouver de nombreuses variétés de bois de Oud, utilisés principalement sous forme d’encens, d’huiles et parfums, mais aussi de tisanes, médicaments en MTC (Médecine Traditionnelle Chinoise), d’objets décoratifs et de bijoux. Leurs valeurs marchandes sont fluctuantes et varient en fonction de critères savants. Cependant, d’après Alan, chacun a la possibilité de s’initier au bois des Dieux.

