Au cœur du Vieux-Nice, cette rue fut autrefois un ghetto juif
Guet et Giudaria
Ce que les anciens Niçois avaient désigné sous le terme Ghetto ou Juiverie se composait d’une seule rue, aujourd’hui renommée la rue Benoît Bunico. La communauté juive de Nice y a séjourné dès le Moyen Âge, après les expulsions de France et d’Espagne. Mais, depuis lors, les Juifs de Nice s’étaient éparpillés dans la ville, en effet, aucune loi alors ne les contraignant à vivre dans le ghetto. C’est en 1732 que les Juifs ont reçu l’ordre du roi Charles-Emmanuel III d’y déménager d’après constitution royale restrictive avec obligation de se regrouper dans un quartier à part, d’où ils ne pourraient sortir pendant la nuit. L’existence officielle du ghetto prit fin en 1848 et le terme de Giudaria disparut du langage niçois lorsque le conseil municipal vota le changement de dénomination de la rue.
La synagogue
Dès 1733, au numéro 18 de l’actuelle rue Benoît Bunico, une bâtisse de cinq étages se transforma en lieu de culte hébraïque. Au rez-de-chaussée, de plain-pied se trouvait le Mikvé, le bain rituel pour la purification, au deuxième étage se tenait le rabbin, ou l’instituteur pour faire l’école. La synagogue, proprement dite était placée entre le troisième et le quatrième étage, restructurés de façon à recevoir les hommes dans une grande salle et les femmes dans une tribune, juste au-dessus. Enfin, au dernier étage, un local servait aux archives et la terrasse pour la fête des Cabanes. Suite à la Révolution Française, dès 1796 l’usage du lieu en synagogue fut progressivement abandonné.
D’après l’ouvrage de Simonetta Tombaccini – La Nation Hébraïque de Nice
Le Premier Ghetto
Le terme ghetto trouve son origine dans la République de Venise. Le 29 mars 1527, un décret ordonne aux Juifs de déménager de l’île de la Spinalunga (La Giudecca) vers la zone du Cannaregio, où se trouvent les anciennes fonderies à canons. Là, se rassemblèrent alors tous les Juifs de la diaspora : thalmudistes, kabbalistes, gnostiques, alchimistes. Le mot ghetto viendrait du mot italien geto (fusion). La prononciation gutturale de geto en ghetto s’expliquerait par l’accent Yiddish des Juifs ashkénazes.



